Nous sommes donc restés dans la region des 4000 îles une journée sur l'île de Dong Kong avant d'emprunter la route pour Pakse afin d'établir notre visa Vietnamien. Voici la démarche au consulat : dépôt du passeport, formulaire en double exemplaires à remplir, photos d'identités et 30 dollars par personne. Vous pouvez ensuite venir retirer votre visa 3 jours après. Biensûr, afin d'améliorer les recettes, ce même consulat vous propose d'autres options de delais de retrait moyennant finance. On peut ainsi obtenir son visa le jour même en payant 30 dollars suplémentaires. Formule courante en asie du sud est. Pakse, ancienne administration coloniale francaise est située sur les rives du Mekong et c'est la porte d'accès vers les 4 000 îles ainsi que le plateau des Bolovens plus à l'est où nous sommes partis. La région est riche en cafeiers, poivriers, bananiers, manguiers…et d'un petit papy, qui, autour d'un verre d'alcool de riz se rappelle de son francais à notre grand plaisir. “L'important, c'est que nous soyons en paix maintenant” nous dit-il. Elixir de vie, ce bon papy nous affirme qu'il boit tous les jours à partir de 16h00, 2 verres d'alcool, c'est tout. Jeanne Calment buvait un verre de vin et elle a fait long feu, alors pourquoi pas. Nous nous quittons après une heure et papy, enlevant son maillot de corps nous dit gaiement qu'il va continuer de boire ( surement envie de vivre un peu plus longtemps encore) et nous souhaite bonne route et bonheur pour la suite. Oui, une larme coule, un gros bout de sincérité et de bien être pendant une heure, de quoi vous recharger les batteries et gravir la côte jusque Paksong, ville culminante du plateau.
Nous prenons toujours précaution de verifier notre compteur avant notre départ le matin, tant nos cartes sont trompeuses quelquefois et les indications routières évasives. Il s'agit aussi de ne pas se laisser emporter par les kilomètres. Ainsi après avoir pour une fois négligé ce detail, nous avons bifurqué 30kms avant le croisement prévu. Bien heureux, l'erreur et le hasard nous ont mené à Tadlo où nous avons passé 4 jours, combinant repos et baignade dans les chuttes d'eau. Havre de bonheur avant d'affronter une piste effroyable qui vous entraine dans un rapport au temps et distance monstrueux. 38kms en 7 h de vélo. Sable, gravier, pierres, guets…on ne roule pas, on progresse, on marche, on franchit, le soleil ajoutant à cela comme une petite touche de déraison. Cela nous a donné l'occasion de passer à travers des villages reculés, chez les minorités ethniques comme il se dit de nos jours. Minorité ethnique (formule à la mode, touristique, exotique) qui nous accueille et nous propose de la photographier. Cette femme par exemple qui fume une cigarette traditionnelle en feuille verte roullée en forme de cone énorme . Nous ne sortirons pas l'appareil photo pendant ces 5 jours, tant desabusés tous les 2 par l'accueil payant qui nous est reserve.
Nous continuons de remonter le Laos, mais ces jours derniers très physiques et très chauds, nous amènent à rentrer au Vietnam par une frontiere plus proche. Nous croisons les premiers hommes équipés de détecteurs de métaux, d'une pour eviter de sauter sur une mine et de 2 pour récolter tout objet métallique pouvant rapporter quelques sous à la revante. Nous passerons nos 2 derniers jours au Laos dans un monastère, au côté de Koman, notre “pote” moine qui use d'humour et de curiosité tant l'envie d'élargir ses connaissances est grande. Nous y rencontrons aussi un autre papy vietnamien qui termine ses vieux jours ici au service du monastere. Il est devenu presque totalement sourd tant le souffle de son lance roquette lui a brisé les tympants pendant la guerre. Quelques expressions et mots francais lui reviennent qu'il se charge fièrement de nous remettre comme : ” Manger du riz au marché de la ville” ou encore ” Vietnam cabinet beaucoup très sal”. Nous pénétrons au Vietnam sans souci de frontiere, aucun backschich ce qui nous surprend tant les visages sont fermés et les militaires paraissent très fiers dans les habits verts de militaire. Le drapeau rouge flotte et les premiers panneaux de propagande communiste apparaissent. Ici les femmes vous proposent de l'argent au marché noir. Nous passons notre première soirée au Vietnam dans une famille qui célèbre le vieux mort pendant la guerre du Vietnam. Nous sommes ici proche de la DMZ, ancienne zone démilitarisée partageant le Vietnam du nord et du sud suite aux accords de Genève de 1954. Cette zone fut le théatre de sanglantes batailles au cours de la guerre ( Khe Sanh, hamburger hill…) depuis 1975, les mines ont tué et mutilé plus de 5000 personnes dans cette zone. Nous sommes donc au Vietnam : la monnaie est le dong, le dollars est courant, 1 euro égal 23 000 dong. Une soupe coûte 10000 dongs, une bière 8000 dongs. Les maisons sur pilotis ont disparus faisant place à des habitations de plein pieds. La langue est le Vietnamien, bonjour se dit Xin Chao. L'alimentation a également changé, chacun dispose d'un petit bol remplit de riz, on pioche ensuite avec les baguettes les différents mets sur la table ( viande, oeuf, légumes…). Le repas est régulierement accompagné d'alcool de riz et de thé uniquement servis à la fin du repas. 75 % des vietnamiens se nomment N' guyen et 100 % sont petits avec un point culminant à 1m67. Nous avons remonté le Vietnam sur 700kms depuis la DMZ jusque Hanoï où nous sommes en attendant les parents de Nicolas. Nous avons donc depuis la frontière piqué vers dong Hai ville située sur la côte du golf du tonquin afin d'échanger de l'argent, voir les plages et le port de pêche. Pour ce qui est de changer de la monnaie, c'est très simple. Vous donnez 100 euros à la guichetière et elle vous remet l'échange en dongs fraichement sortis de son sac à main. Pas de question, pas de verification de passeport…circulez merci, au revoir madame. Après nous être enrichis de nouveaux 2 300 000 dongs nous sommes retournés dans les montagnes pendant 4 à 5 jours dans la brume, le frais et le soleil, au milieu de pitons rocheux, de rizières, de vallées encaissées. Nos plus beaux paysages depuis notre depart. Le Vietnam est vert, chaque coin de terre est cultivé, riz biensûr, mais aussi canne à sucre, mais, pommes de terre…ici pas un seul tracteur, la charrue et le boeuf sont d'usage et semblent être présents pour des siècles encore. Les journées sont rythmées par l'agriculture et nous suivons la même horloge, levé entre 5h30 et 6h, couché vers 20h. N'y anglais d'un côté, ni vietnamien de l'autre, il nous est compliqué assez souvent d'échanger avec le peuple. Les réflexes ne sont pas les mêmes. Là où nous faisons usage de stratagèmes pour remedier à notre handicap, les vietnamiens continuent de parler vietnamien. Nous sommes surpris par ce comportement et nous mettons cela sur le compte de la rubrique ” bizarreries vietnamiennes” dont nous vous donnions quelques extraits parmis d'innombrables exemples…à suivre…
Amelie et Nicolas
