Oulan Bator le retour
Et bien nous revoilà sur Oulan Bataar après nos 35 jours de vélo !
23 juin 2008 : On ne peut évidemment pas commencer cet article sans vous parler du climat et plus particulièrement du vent. La Mongolie a plusieurs surnoms comme le pays du ciel bleu ou encore la terre des vents. Ennemi et ami intime, à sa guise, le vent est omniprésent et se joue de nous comme bon lui semble, capable de changer de direction plusieurs fois en peu de temps. Vous le haïssez des le premier jour de pédale, agaçant, usant, fatiguant, il vous impose sa loi jusqu’àrapidement semer le doute sur l’idée un peu déplacée de s’aventurer et de continuer un peu plus loin encore, la bas, vers l’ouest, d’où il semble prendre son elan. Ainsi par exemple vous pouvez pénétrer dans une ger ( nom donne a la tente habitation) avec un vent de dos et en ressortir une heure apres avec un vent de face. Avoir un planning kilométrique journalier est donc pure utopie ; ajoute à cela une dose de froid, une pincée de grêle etalée sur une piste défoncée, ce menu devient vite déplaisant. C’est un peu comme manger une raclette à la vache qui rit. D’ailleurs àce propos savez vous que le meilleur des fromages, c’est la vache qui rit, mais quand la vache est malade, le fromage est pourri (aparté fromagesque inutile). Eole nous regarde de la haut sûrement ! Le froid nous taquine lui aussi avec des changements brusques de températures quelquefois en une seule….
Eole nous regarde donc de la haut, se marrant! le froid nous taquine lui aussi avec des changements brusques de températures quelquefois en une seule et unique journée. nous étions une fois allègrement décontractés au bord d’un lac de montagne, torse nu au soleil, nos pieds puants et crasseux savouraient la fraîcheur de l’eau, il était environ 13.00, rendant une nouvelle beauté à nos orteils, quand deux heures après nous fûmes obligés de nous réfugier dans une ger après avoir essuyés une volée de grêles qui passait par là et la vague de froid qui l’accompagnait nous obligeant à revêtir anorak d’hiver; la température chutant à 4 degrés à 23.00 alors que la veille à la même heure il faisait un joyeux 23 degrés. les éléments climatiques sont donc capricieux et c’est souvent un petit bonheur que d’arriver en fin de journée et d’installer la tente près d’un camp de ger et de partager un peu de vie de famille.
mais qu’est ce qu’une ger? c est l’habitation traditionnelle mongole, la plus adaptée à leur mode de vie, c’est à dire le nomadisme. Elle est conçue à peu près comme cela. Tout d abord, et puis non tiens, vous avez internet alors servez vous une infusion ou autres choses et faites vos recherches tous seuls, bande de curieux.Un google suivi d’un ger devrait suffire.
Nous, on va vous parler de l’intérieur, et de ce qui peut s’y passer, mais ça, c’est un secret alors ne le répétez à personne d’accord, c est d’accord?. On pénètre dans la ger, suivez nous, baissez vous pour passer le pas de porte, toujours orienté au sud, attention!!! pied droit en premier.On ne frappe jamais pour rentrer(geste peu évident les premières fois) . vous êtes à l’intérieur, devant vous , au milieu de la ger, le poêle avec son tuyau qui s’élève à l’extérieur,.le poele est l’élément principal du lieu, place entre deux piliers qui supportent le dôme de la ger. Attention !!! on ne passe rien entre les deux piliers. Le poêle sert à chauffer mais aussi à préparer toute l’alimentation. Dans certains endroits, on ne jette rien d’autre dans le feu que le combustible, le feu y est sacre. Attention!!!!on ne dirige pas la pointe de ses pieds vers le feu.
Continuons la visite. Sur votre droite vous voyez des récipients qui contiennent l’eau. il n’y a pas de puits en mongolie( on en a vu 2). l’approvisionnement est diffèrent, lac, petites sources, rivières, flaques…, il est bien souvent nécessaire de prendre la moto pour se ravitailler. L’eau est un bien précieux, attention!!!!pas de gaspillage. l’eau est bouillie et est exclusivement réservée à l’alimentation. se laver est un bien grand mot, employons plutôt se débarbouiller.Continuons. A cote des récipients d’eau, un premier meuble qui contient des ustensiles de cuisine et les tiroirs , vides de leur contenu, servent, retournés, à faire secher les gâteaux de fromage. Sur ce meuble traînent souvent torchons, tasses, saladiers… Continuons. un premier lit, place a lest qui est celui de la femme, lit cage renforcee par des layes de bois.Attention!!!! on dort toujours la tète au nord.Après le lit, un coin rangement, sacs, valises, malles, celles qui serviront au futur déménagement.Attention !!!ici pas de bail ni de prêt a 1 pour cent, la terre appartient a tout le monde, pas de clôture, pas de barrages, pas de barbelés , pas de caméras de videosurveillance……Des familles continuent de nomadiser avec des charrettes tirées par des yacks ou boeufs mais beaucoup de ceux que nous voyons effectuent ce nomadisme en camion. Installer une ger, y a du matos, on a eu la chance de participer a un montage de ger et on peut dire que le camion du carcahoux ne suffirait pas, même en mettant robert, jean claude, pascal et jeff au rangement!!!!La mongolie est sans doute l’un des plus grands terrains de camping au monde. continuons. Vient maintenant deux autres meubles, fermés à cadenas. La femme est proprietaire de la clé et elle seule est habilitee a ouvrir ce coffre a trésor qui renferme entre autre l’argent, les beaux habits, le tabac de son mari. Sur ces meubles trônent l’autel avec des images de divinités bouddhiques, la photo de l’actuel dallai lama et des offrandes. pour les familles plus aisées, vous pouvez trouver sur l’un des meubles télé, poste radio, dvd..tous ces biens sont alimentes par des panneaux solaires et la réception par des grandes paraboles.autour de l’autel , vous pouvez voir des photos de famille. continuons. on se rapproche de l’entrée mais avant un second lit, celui du mari, a l’ouest (la formule trois lits existent, le reste de la troupe dort sur le sol). C est a l’ouest que vous serez invites a vous installer sur de petits tabourets pour boire le thé ou manger. Les commodités dissipées, vous pourrez vous asseoir , vous allonger à même le sol. Continuons. enfin, un dernier recoin avant de revenir a la porte, le coin » laiterie ». c est ici que vous voyez une étagère ou sont disposées de grandes bassines en alu ou reposent les diverses confections à base de lait. cette étagère est souvent dissimulée derrière un rideau. Allez, vous faites vos premiers pas a l ouest, a gauche du poêle, et vous marchez sur un lino qui recouvre la moitie du sol, l’autre étant souvent recouverte d’un tapis. ceux ci sont régulièrement balayes et vous recevez votre premier bol de thé au lait sale que vous prenez a deux mains bien sur. comme toujours, on vous propose des gâteaux, et on vous dépose la thermos chaude à vos pieds pour vous resservir. Il est temps de repartir, en un coup d’oeil, vous apercevez brièvement le hérisson mort accroche au pas de la porte, juste au dessus de votre tête, c est pas grave, c est pour la chance. Voila, vous avez fait un bref tour de propriétaire, c est rond, c est beau , c est chaud, vos cabanes de gosses vous reviennent a l’esprit.
La vie ici épouse celle du bétail. les allers retours entre la ger et l’extérieur sont incessants afin de surveiller le bétail. brebis, chevaux, yaks, boeufs composent le cheptel. Seules les femmes effectuent la traite et la préparation des repas. la journee se déroule donc tranquillement, la traite est faite le matin puis les bêtes repartent pâturer. le lait récupéré est tout de suite chauffe et transforme sous plusieurs mets: fromage, lait pour le thé, beurre, lait caille, crème de lait, gâteaux croustillants…..
toute la famille est mise a contribution, hommes ou femmes, garçons ou filles s’occupent des bêtes, de surveiller, de ramener, de séparer petits et adultes. le reste de la journée est employée différemment, bricolage, télé, corvée d’eau..et puis on se visite beaucoup. un thé, un gâteau, ça discute..la notion du temps s’efface, uniquement ramené a l’heure de la traite, de renter le troupeau et du repas. On peut croiser sur les pistes une moto, nous nous arrêtons, mangeons un bonbon, fumons une clope, ensemble dans cette immensité de paysages puis c’est un départ. rien ne sert de se presser. le camion est ensablé, pas de problèmes, on creuse, on tire puis une pause thé tranquille. maintenant ou tout a l’heure, tout vient a point, doucement , doucement. bon, on a aussi rencontre, faut le dire, des gars qu’avaient sacrement, royalement l’air de se faire ch…..des après midis entières….sans télé….
Et nous dans tout ÇA? nous avons quitte la capitale le 4 juin. dans nos sacoches: 16 paquets de nouilles chinoises, 10 litres d’eau, 2 saucissons, paquets de gâteaux, 3 pains, 1 pot de pate àtartiner. des guides de voyages, messages sur internet ou rencontres préconisaient une autonomie complète avec de longues distances sans ravitaillement possible. eh bien , quelle mascarade!!d’où vient cette fâcheuse tendance a se laisser avaler par l’exagération? d’inventer des situations d’extrêmes? excitantes? si admiratives aux yeux des autres. l’homme a tellement besoin d’exister qu’il s invente de belles histoires, perdues entre rêves, désirs et réalité. Histoire de dire » moi, j ai vécu ça » ou encore » tout le monde peut pas le faire », que d’égarements! Nous, on a trouve de la nourriture et de l’eau tous les 70 kilomètres sans difficultés. bien sur, c’est pas tres varie. on est bien loin quand même des conditions rencontrées dans la sahara occidental il y a trois ans.
la mongolie n’est pas plate, on vous l’assure et ce sont des etendues immenses qui s’ouvrent devant vous quotidiennement avec des luminosites exeptionnelles tous les soirs. apres la chine et la promiscuite associee a la pollution, il nous a fallu quelques jours pour nous rehabituer a ces grands espaces de silence et pouvoir reestimer les ditances kilometriques a vue d oeil.

